Montag, 7. April 2008

Le maïs de mon enfance - Der Mais meiner Kindheit


Sheila Ithier
43 ans
La Ferme


Le maïs de mon enfance

1970 je n’avais que 6 ans. A cet âge-là déjà la plantation de maïs m’intriguais et m’attirait ; c’était dans une telle ambiance que chaque matin en saison, voisins, parents et chaque membre de la famille partaient tout heureux, munis de leurs outils de travail. Aux champs, autant d’hommes que des femmes y participaient. Les hommes creusaient des trous »fossé », tout cela dans un ordre parfait, distances bien régulières entres chaque fossés, calcul mental facilité par expérience.

Les femmes suivaient derrière munis d’un bol remplis de semence, elles vont jeter 2 à 3 graines de maïs dans chaque fossé et le couvrir d’une même geste du pied, si le fossé n’est pas obstrué de cailloux, et cela toute la journée sous un soleil de Plon. En ce qu'il me concerne voulant y participer, me disant : ce ne serait qu’un jeu d’enfants ; je n’arrivais qu’à faire plus de dégâts à la fin de la journée et me résignant finalement à être patiente en attendant que le maïs porte ses fruits - là je pourrais enfin jouer avec les babas maïs, les uns plus beaux que les autres, leur donner des noms de princesse leur tressant les cheveux si beaux ajoutant des rubans assortis à la couleur de cheveux ; châtains, roux blond, c’était alors une myriades de couleurs dans cette abondante verdure qu’est le champ de maïs, dommage que mes babas de loin disparaissaient sous ce tas de feuilles.

On aurait pu croire que j’attachais une certaine importance à ces Babas maïs. Mais comme tous les enfants du coin il n’y a que la beauté de la plantation qui nous a intéressé ainsi que la récolte, car alors c’est encore dans une bonne entente ou à tour de rôle on va passer, de case en case pour éplucher égrainer et cette fois qu'à cela ne tienne même les enfants vont y participer, c’est le moment le plus beau de l’année qu’on va passer ensemble dans la joie et les rires ou les Sirandanes font rage ; devinettes, petites anecdotes de la vie rodriguaise sous une couche d’imagination et d’humeur, chaque question est un défi à qui veut faire le jeu ; cela commence, ainsi la personne qui a une question commence Sirandanes et l’autre.

Répond Sampek et doit répondre, la réponse s’avère toujours être aussi proche de la réalité que le Nord et le Sud ; celle d’où les rires et les moqueries.

Le plus dure est à venir, car après l’égrainage et la meule le maïs sera là au rendez-vous pour le petit déjeuner sous tous ses formes, à midi et encore le soir. A mon goût un beau maïs bien tendre grillé serait largement suffisant ; je ne savais pas alors apprécier un bon plat de maïs à sa juste valeur. Le temps a bien voulu corriger cette anomalie, et depuis on ne m’y prendra pas a échanger mon bon plat de maïs, mon bouillon de mulet frais agrémenté de quelques petits piments rouges écrasés et un chutney de pommes d’amour pour tout l’or du monde. Bon appétit!

Der Mais meiner Kindheit

1970 war ich gerade 6 Jahre alt. Schon damals in diesen jungen Jahren faszinierte mich der Maisanbau und zog mich in seinen Bann. Es war die besondere Atmosphäre in der Nachbarn, Eltern und jedes Mitglied der Familie Tag für Tag in der Saison hinauszogen aufs Feld, freudig, nur ausgestattet mit ihren Arbeitsgeräten. Auf den Feldern genauso viele Männer wie Frauen. Die Männer heben die Furchen aus, alles in einer perfekt aufeinander abgestimmten Ordnung, regelmäßige Abstände zwischen jedem Loch, Kopfrechnen leichtgemacht durch Erfahrung.

Die Frauen folgen mit Schalen gefüllt mit Saatgut, sie werfen 2-3 Körner in jedes Loch und bedecken sie gleich wieder in einer einzigen Bewegung mit ihren Füßen, soweit die Löcher nicht durch Steine verstopft sind. Und das während des gesamten Tages unter einer bleischweren Sonne.

Was mich anging, so wollte ich dabei mitmachen, ein Kinderspiel, so sagte ich mir, doch ich schaffte es nur mehr Schaden als Nutzen anzurichten, am Ende des Tages ergab ich mich darin, geduldig zu sein und darauf zu warten bis der Mais die ersten Früchte trug – dann endlich konnte ich wenigstens Baba Mais spielen, eine schöner als die andere, ich gab ihnen Namen von Prinzessinnen, flechtete ihnen Zöpfe, so schön, mit Bändern passend zur Haarfarbe ; Kastanie, rot-blond – es gab eine Myriade von Farben in diesem üppigen Grün des Maisfeldes, wie schade nur, dass meine Puppen hinter der Vielzahl all dieser Blätter immer zu verschwinden drohten. Man hätte annehmen können, dass ich diesen Maispuppen eine gewisse Bedeutung beimaß, aber wie alle Kinder der Umgebung, interessierte uns nur die Schönheit des Feldes, ebenso wie die Ernte ; noch mit einem guten Verständnis unter- und füreinander, wo jeder an die Reihe kommt, Hütte für Hütte, um zu schälen, zu entkernen und dieses Mal hält es auch die Kinder nicht ab, sie wollen dabei sein, es ist der schönste Moment im Jahr, den man zusammen verbringt voller Fröhlichkeit und unter Gelächter, wo die Sirdanes wüten ; Rätsel, kleine Anekdoten aus dem rodriguischen Leben unter einer Schicht von Fantasie und Humor, jede Frage ist eine Herausforderung für denjenigen, der dran ist ; das Spiel beginnt, sobald die Person eine Frage stellt, Sirandanes und dann der nächste. Antworte Sampek, du musst antworten, die Antwort ist immer genau so nah an der Realität wie der Norden vom Süden entfernt ist ; da wo das Lachen und die Neckereien herkommen.

Das Härteste kommt aber erst noch, denn nach dem Entkernen und Mahlen gibt es ein Zusammentreffen mit dem Mais in all seinen Darreichungsformen, es gibt ihn zum Frühstück, zu Mittag und auch noch zum Abend. Für meinen Geschmack wäre ein gut gegrillter, zarter Mais mehr als ausreichend gewesen ; noch wusste ich den Wert eines guten Maisgerichts nicht zu schätzen.Diese Anomalie wurde jedoch mit der Zeit nachgebessert und ausgeglichen, und seither würde ich um nichts in der Welt mehr meinen Mais auf dem Teller mit etwas anderem tauschen, meine Bouillon mit frischem Mulet, angenehm verfeinert mit einigen kleinen roten, zerstoßenen Chilies,meinem Chutney aus kleinen Tomaten ...Guten Appetit!

Kommentare:

myramir hat gesagt…

BRAVO A SHEILA. TRES JOLI ARTICLE.
JE N AI PAS TRES BIEN COMPRIS SAMPEC/
A BIENTOT
GARDEZ NOUS UN PEU DE MAIS QUAND MEME!
;D

Anonym hat gesagt…

Hi Sheila,hi Myriam -
I'm Stephanie and I live at Grand Montagne I like the story of sheila too. Me I know the game of
Sirandane and Sampek,I have played it with my friends but not in the corn fields.I even play it
now.Sirandane is always the person who starts having a question and Sampek is the person
who answers but if Sampek cannot answer anybody else can reply.

myramir hat gesagt…

merci Stephanie de Grande Montagne,
voila la reponse a ma question.
nous nous connaissons peut être, quand je viens a Rodrigues je reside tres pres de Grande Montagne
:-)

Anonym hat gesagt…

Hi Myriam, hi Stephanie!
I am happy you appreciated my story. Thanks a lot also for your comments. I am curious if in Germany one knows Sirandane and Sampec, but probably not..I think it is a creole game...
Kennt man in Deutschland Sirandane und Sampec?

Sure I will k3eep some maize for you, Myriam!
See you soon!

Sheila from Rodrigues Island